Quelque chose de similaire à la lettre Aleph (qui est sans son, un souffle qui pousse les mots) effleure ces pièces d’argile : c’est une force irrépressible et subtile, une respiration tenace et silencieuse, un émissaire des profondeurs qui chuchote à l’oreille les mots d’antan : « de nombreux feux ardents qui brûlent sous les eaux».

 

Erotisme de l’argile dans laquelle les textures douces et rugueuses se caressent et rendent au regard séduit la mémoire du rythme du tour, les miracles du toucher et la splendeur du feu primaire.

 

A l’abri d’une tyrannie des formes, ces pièces vives et délicates évoquent des mouvements, des jeux et des déplacements imprévisibles et capricieux, remplis de force et d’énergie : épique du toucher et lyrique de l’imagination, extase des éléments : érotisme de l’argile.

 

De furtives incursions dans l’intimité de l’ordre, radiographies de l’équilibre vital, ces pièces vibrantes sont également le témoignage d’une danse secrète et de notes résonnantes d’une berceuse, rendant le rêve de ce monde possible.

 

 

Texte rédigé par Leonardo Tenorio

 

Traduction: Mary Harasymowycz